La défaite de l’identité

Posted in SoCiéTé on 3 novembre 2009 by BaRT

« Le sommeil de la raison engendre des monstres. »

Francisco de Goya

« Ce n’est pas seulement pour duper nos enfants que nous les entretenons dans la croyance au Père Noël : leur ferveur nous réchauffe, nous aide à nous tromper nous-mêmes. »

Claude Lévi-Strauss


Quelques temps après la création du Ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Codéveloppement*, les journalistes de Jeune Afrique interviewant Brice Hortefeux soulignaient le problème que, selon eux, pose l’intitulé de ce ministère qui associe les termes d’immigration et d’identité. Et l’on aurait d’ailleurs apprécié qu’ils nous disent précisément en quoi cela posait problème selon eux. Toujours est-il que, sans plus de précision, Brice Hortefeux, Ministre en charge dudit ministère leur répondait qu’« Aujourd’hui, si l’on veut réussir l’intégration en France, il faut maîtriser l’immigration. Si l’on évoque les questions d’immigration et d’intégration, cela pose la question de l’identité nationale, c’est-à-dire de l’héritage de notre patrimoine commun et de la préservation de l’équilibre de notre société de demain […] La notion d’identité nationale n’est en aucun cas un concept agressif. Ni même défensif. » (Source : « La grande interview, Brice Hortefeux “Non, la France n’est pas raciste !” » Propos recueillis par François Soudan, Sonia Mabrouk et Elise Colette, in Jeune Afrique, n° 2458, 17-23 février 2008, pp. 24-29)

Au préalable, je souligne la confusion qu’exprime Brice Hortefeux en usant indifféremment des termes de « notion » et « concept ». Si l’identité nationale est une notion, renvoyant alors à une connaissance intuitive, synthétique et assez imprécise (de l’identité nationale) – et si elle n’en désigne pas moins, en une troisième acception de sens commun, un « objet abstrait de connaissance », elle ne peut pas être entendue au sens propre comme un concept, en tant que « représentation générale et abstraite d’un objet ». La première définition demeure de l’ordre du mouvant ; la seconde, le concept, renvoie à quelque chose de bien davantage figé. Certes, dans le langage courant, notion et concept renvoient l’une à l’autre. Mais d’un point de vue scientifique, et il me semble qu’en de telles déclarations aux enjeux politiques et sociaux aussi sensibles, il ne peut en être autrement que l’articulation ne se pose, en aucune façon, en termes d’égalité.

Toujours est-il que je m’interroge sur ce que pourrait être plus précisément cette identité nationale qu’évoque le Ministre et qui donne aujourd’hui lieu à un débat dont chacun aura perçu le rôle d’écran de fumée qu’il représente jeté vulgairement devant la question sociale laissée en souffrance, mais aussi de séduction réaffirmée en direction des nationalistes racistes et xénophobes de ce pays à quelques mois d’élections régionales qui pourraient bien mettre l’hôte de tout ce petit monde qu’est la France éternelle (on fait un discours aux asticots là) en sérieuse difficulté.

Par curiosité, je me suis rendu sur le site officiel du ministère. Mais ce dernier ne nous éclaire pas davantage sur ce qui caractériserait l’identité de la France, une identité nationale française. L’une des quatre missions du ministère, nous apprend-on, est de « Promouvoir notre identité. L’identité française, (qui) est à la fois l’héritage de notre histoire et l’avenir de notre communauté nationale. La Constitution de la Vè République, à son article premier, affirme que “la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion”. La promotion de notre identité est une réponse aux communautarismes et vise à préserver l’équilibre de notre Nation. L’immigration, l’intégration et l’identité nationale sont complémentaires. Elles sont même intimement liées. C’est parce que la France a une identité propre dont elle peut être fière qu’elle a les moyens d’intégrer des immigrés qui respectent nos valeurs et qu’elle peut organiser de façon sereine l’immigration. Enfin, Telle est l’ambition de ce nouveau ministère : lutter contre l’immigration irrégulière, organiser l’immigration légale en favorisant le développement des pays d’origine afin de réussir l’intégration et de conforter l’identité de notre Nation. » (Source : http://www.premier-ministre.gouv.fr) Autant dire, pas grand-chose pour nous aider.

L’identité relève de quelque chose que l’on hérite, des valeurs… Dans une précédente allocution officielle, en date du 1er juin 2007, « Immigration, identité, développement : trois missions étroitement liées », Brice Hortefeux tint à peu près le même langage sur l’idée de promotion de « nôtre » identité (distinguant cette fois-là, soulignons-le, notion et concept, insistant sur le fait que l’identité nationale n’est pas un concept, ce qui selon moi, relève d’une affirmation qui tient davantage au risque qu’il y a de renvoyer celui qui la défend à une position d’extrême droite, plus qu’à une réelle connaissance des termes). Ainsi, précise-t-il, « Cette notion, en devenir permanent, contribue à assurer notre équilibre national. Notre identité est une réponse à la fois à la mondialisation et aux communautarismes […] Cacher notre identité à ceux qui souhaitent s’installer en France reviendrait à renier les valeurs qui ont forgé notre histoire et à accepter l’idée que l’immigration ne soit dictée que par des considérations matérielles. La promotion de notre identité ne révèle strictement aucune hostilité à l’égard des immigrés. Elle n’entame en rien la diversité, elle donne aux étrangers un guide de valeurs républicaines à respecter. L’identité nationale n’est pas un concept, c’est une boussole pour les Français et pour toutes celles et ceux qui aspirent à le devenir. Cette identité passe avant tout par la langue qui doit être promue notamment grâce au réseau des alliances françaises déjà présent dans 133 pays mais qui sera considérablement développé et dynamisé. » (Source : http://www.premier-ministre.gouv.fr)

Une boussole, qui indique le Nord, sans doute ?…

Des valeurs donc, républicaines… une identité qui passe avant tout par la langue… et « réponse à la mondialisation et aux communautarismes » !? Je ne comprends pas. Même si Rachida Dati, toujours lumineuse et clairvoyante quand elle démontre qu’elle ne sait plus d’où elle vient, réaffirme ce jour que le communautarisme mène au racisme… ou une approximation du genre qui montre bien où se situe le débat sur l’identité nationale… certainement pas dans les trois premières « fissures » que Copé nous balance à l’Assemblée Nationale, entre les jeunes et les vieux, les femmes et les hommes ou les urbains et les ruraux…  la quatrième fissure évoquée à travers ces français qui ne se sentent pas français ou une connerie du même tonneau… et qui pointe le seul problème qui préoccupe la droite nationaliste au pouvoir, celui que constitue les Arabes, pire, les Arabes musulmans, communautaristes par excellence. Car, qu’on se le dise pour ces gens de pouvoir, voilà bien la cause première et unique de tous nos maux, du chômage en France en tête, de la pauvreté, de la délinquance… Besson, homme sans idée, sans fierté, sans queue… ni tête !, reprenant le flambeau d’Hortefeux, nous mène à la violence… lui qui renvoie dans un pays en guerre, des Afghans cherchant refuge, asile politique en France et en Angleterre…

Dans une tribune sur l’identité nationale publiée dans Libération le 27 juillet 2007, Brice Hortefeux précisait sa vision de l’identité nationale. Où l’on est en droit de s’interroger alors sur ce que Brice Hortefeux comprend réellement de ce dont il parle : « L’identité, déclare-t-il, se base avant tout sur ce que chacun souhaite apporter à son pays plus que ce dont il peut hériter. Cela ne relève donc plus principalement de l’héritage comme il fut dit et écrit plus tôt. Mieux que le vivre ensemble, il s’agit de bâtir ensemble. C’est cela, désormais, être Français. ». L’héritage relativisé au profit de ce que l’on souhaite apporter… Mais comment évalue-t-on « ce que chacun souhaite apporter » ?

Plus loin, prenant comme exemple Apollinaire qui, rappelle-t-il, « Né d’un père italien et d’une mère polonaise, […], avait choisi le français pour langue et la France pour patrie […] fut engagé volontaire en 1914 pour défendre un pays qui était le sien par l’amour qu’il lui portait », Brice Hortefeux insiste sur le fait que « Le devoir de mémoire ne suffit plus, il faut aussi le devoir de servir. » Servir par amour, sans doute… Devoir de mémoire, devoir de servir… Mais quelles valeurs encore ?… (Source : http://www.premier-ministre.gouv.fr)

Plus loin encore, reprenant les propos de Gaston Kelman**, Brice Hortefeux affirme « qu’en créant ce ministère, nous reconnaissons, officiellement, pour la première fois, que l’immigration est constitutive de notre identité. Ce ministère permet de retisser le lien qui s’est distendu entre nation et immigration. » Qu’est-ce donc que ce lien entre des notions telles que la nation et l’immigration ? En quoi l’immigration est-elle constitutive de l’identité de la France ? Montrez-le nous Monsieur le Ministre, ici nous sommes d’accord ! Il ne s’aventurera pas davantage…

Essayons-nous ici à préciser une définition de « l’identité nationale ». Nous devinons que le terme d’identité renvoie ici spécialement à ses deuxième et troisième acceptions de sens commun : « caractère de ce qui est un », c’est-à-dire l’unité, d’une part, et, dans une acception relevant de la psychologie, en parlant d’une personne, « caractère de ce qui demeure identique à soi-même », ou d’une culture, « identité culturelle : ensemble de traits culturels propres à un groupe ethnique (langue, religion, art, etc.) qui lui confèrent son individualité », d’autre part ; ajoutons également « le sentiment d’appartenance d’un individu à ce groupe ».

Ce que ne dit pas le sens commun, c’est que l’identité ne peut-être conçue autrement que comme un processus (une notion en devenir permanent), et non un simple état, ce qui nous ramène du côté de la notion (mouvement) davantage que du concept (figé). Autrement dit, l’identité n’est pas donnée une fois pour toute, qu’elle soit nationale ou autre. Elle s’élabore dans le temps.

Le dictionnaire souligne également, à travers les différentes acceptions du mot identité, combien celle-ci renvoie à la fois au collectif et à l’individuel. L’identité apparaît alors comme un processus interactionnel. L’identité que chacun se construit est liée à des identités collectives, de groupes, voire à une identité nationale. Cette dernière nous invite alors à nous interroger sur le terme « nation ». Le dictionnaire de sens commun renvoie à différentes acceptions : la nation désigne, en premier lieu, un « groupe d’hommes auxquels on suppose une origine commune » ; elle désigne ensuite un « groupe humain, généralement assez vaste, qui se caractérise par la conscience de son unité (historique, sociale, culturelle) et la volonté de vivre en commun ». Cette acception nous ramène à l’identité, en son caractère d’unité, et pose également une prise de conscience qui s’accompagne d’une volonté : les individus formant la nation sont conscients de ce fait et veulent le vivre ensemble. (peut-être est-ce ici que réside le « devoir de servir » ?) Ceci nous ramène notamment à l’idée de socialisation, d’apprentissage (enseignement de l’histoire, de la culture… intériorisation des valeurs et modèles singuliers de la nation dans laquelle les individus sont nés). Une troisième acception renvoie à la dimension proprement politique de la nation : « groupe humain constituant une communauté politique, établie sur un territoire défini ou un ensemble de territoires définis, et personnifiée par une autorité souveraine ». (La nation c’est encore « l’ensemble des individus qui composent ce groupe »)

Mais la nation, aujourd’hui, est davantage qu’une seule organisation politique, l’expression d’une communauté de mémoire, de culture. Ainsi doit-on l’entendre lorsque Brice Hortefeux souligne que l’identité française est « à la fois l’héritage de notre histoire et l’avenir de notre communauté nationale. » (Source : Jeune Afrique) L’idée d’héritage qui renvoie directement à l’idée de patrimoine, à l’idée alors de sa sauvegarde. Le patrimoine qui a, en passant, la même racine étymologique que le patriotisme*** … que l’on voudrait raviver aujourd’hui, tant il est vrai qu’il a pu fondé l’identité nationale de la France au temps des affrontements guerriers ou de la naissance des nations. Servir son pays ! Le retour de l’enseignement de la Marseillaise à l’école participe de cet élan, avec en arrière fond, toujours, l’idée de précaution… prenons garde, en bon père de famille, en bon Père de la Nation, de l’avenir de nos enfants, de nos compatriotes…

Ainsi du discours du Président à Périgueux : « Dans le monde d’aujourd’hui, l’affirmation des valeurs morales, l’énonciation de règles de comportements applicables à tous, sont une absolue nécessité. Cette instruction civique et morale prévoit notamment l’apprentissage des règles de politesse ou de courtoisie (l’altercation du Président au salon de l’agriculture renvoie cruellement au défaut de politesse ou de courtoisie qui caractérise, en un stéréotype finalement à peine exagéré, les Français – il y a aussi le désormais célèbre «viens l’dire en bas si… »), la connaissance et le respect des valeurs et des emblèmes de la République française : le drapeau tricolore, ce n’est pas faire du nationalisme que d’apprendre à nos enfants à respecter le drapeau tricolore, la nation qui est la leur, Marianne, l’hymne national, à l’écoute duquel nos enfants devront se lever. Dans les conceptions qui sont les miennes, l’hymne national ne se siffle pas, le drapeau pour lequel nos anciens sont morts, on se lève quand on écoute l’hymne national. Ce sont des conceptions qui existent dans beaucoup d’autres démocraties sans que personne ne s’en offusque. Ce sont des repères. Ce sont des valeurs. A l’écoute de tout ceci, nous aurons une école ouverte sur le monde et la cité. Cet enseignement présentera également, pour les plus grands, les règles élémentaires d’organisation de la vie publique et de la démocratie : le refus des discriminations de toute nature, la démocratie représentative, l’élaboration de la loi, les enjeux de la solidarité nationale… C’est dans ce cadre que s’inscrira l’initiation des enfants à ce que fut le drame de la Shoah en leur confiant la mémoire d’un des 11 000 enfants victimes de cette tragédie. Il s’agit d’une démarche contre tous les racismes, contre toutes les discriminations, contre toutes les barbaries, à partir de ce qui touche les enfants, c’est-à-dire une histoire d’enfant qui avait leur âge. C’est d’autant plus nécessaire, Mesdames et Messieurs, que les survivants de cette époque tragique de notre histoire vont disparaître, parce que le temps est le temps, les témoins ne seront plus là. Les témoins, cela ne se reproduit plus. Ce sont nos propres enfants qui, de génération en génération, se transmettront ce souvenir. Un jour, on a voulu tuer des enfants de leur âge, au nom d’idées barbares, au nom d’idées inadmissibles. Un jour, il y a eu des fautes qui ont été commises, en Europe et dans notre pays. Les enfants doivent porter la mémoire de cela, parce que ces enfants seront demain des adultes. » (Source : Discours de M. le Président de la République sur l’école et la réforme de l’enseignement primaire, au Théâtre Odyssée à Périgueux en Dordogne, 15 février 2008, http://www.elysee.fr))

L’identité nationale, être français, se dire français, ce serait donc aujourd’hui, partager cet héritage commun : le devoir de mémoire, le devoir de servir, au rythme d’un hymne, sous les couleurs… des valeurs, dites-vous ? Quelles valeurs ? Je vois là des symboles, tout au plus, et non partagés encore ! Point de valeur, non. Décidément, il serait bon que nos dirigeants revisitent le dictionnaire. L’héritage, c’est aussi la langue nationale, qu’il faut défendre farouchement, si l’on en croit le Président Sarkozy qui fait de « la maîtrise de notre langue », une « priorité absolue » (charité bien ordonnée commence par soi-même, et « si y en a qu’ça les dérange »), « parce que si l’on ne parle pas notre langue, c’est difficile d’espérer progresser. Le vocabulaire est un instrument de liberté ; l’orthographe, par quoi notre langue se tient debout ; la grammaire, qui est le commencement de toute pensée qu’il faut débarrasser de l’invraisemblable charabia dans lequel on l’a enveloppée et qui l’a rendue presque aussi incompréhensible pour les enfants que pour les parents […] toutes ces disciplines seront remises à l’honneur. Sans parler de la pratique du langage texto, je suis terrifié lorsque j’en reçois un. Il faut voir ce qu’est la langue texto pour le français. Si on laisse faire, dans quelques années on aura du mal à se comprendre. Non, écoutez, ce n’est pas un retour en arrière, c’est un instrument de liberté, pour un citoyen, de savoir parler sa langue, de savoir l’écrire, d’avoir des idées de la grammaire, et des idées de l’orthographe. Excusez-moi, avant toute autre chose, si l’on veut faire des citoyens français, et si l’on veut donner une chance à nos enfants, il faut qu’ils sachent lire, écrire et compter. Ça c’est le but et le rôle de l’école primaire et nous allons y arriver. Nous voulons quoi ? Nous voulons que l’enfant apprenne. Apprendre, c’est une démarche rigoureuse d’appropriation qui doit commencer très tôt : aussi n’avons-nous pas oublié l’école maternelle. Il s’agira d’en faire le lieu d’un véritable apprentissage de la langue orale. Car il est impossible d’apprendre à lire et écrire, tout aussi impossible de compter et de calculer, si l’on ne sait déjà parler correctement. » (Source : Discours de M. le Président de la République sur l’école et la réforme de l’enseignement primaire, au Théâtre Odyssée à Périgueux en Dordogne, 15 février 2008, http://www.elysee.fr)

Mais l’identité nationale française est sans doute bien d’autres choses encore, relevant de nos pratiques quotidiennes, de notre mode de vie, touchant autant aux habitudes alimentaires qu’aux modes de participation à la vie sociale, commune, depuis les salutations jusqu’aux pratiques électorales, à commencer par le vote, et renvoyant alors à une autre idée, celle de citoyenneté. Dominique Schnapper, dont la réflexion s’articule à ces questions de Nation, de citoyenneté, d’identité, rappelle, après Montesquieu, l’idée de hasard qui nous vaut, la plupart du temps, notre appartenance nationale : « Je suis nécessairement homme, disait Montesquieu, et je ne suis français que par hasard ». « Mais, nous dit Dominique Schnapper, ce hasard objectif conduit à une nécessité : nous intériorisons progressivement le fait d’être Français, qui devient une dimension de notre propre identité ».

L’identité individuelle est liée à l’identité du groupe d’appartenance. « Le sentiment d’appartenance nationale, explique-t-elle, est l’une des multiples dimensions de l’identité de chacun, au même titre que l’identité religieuse, sexuelle, familiale, sociale, régionale, ou que les références historiques supranationales ou infranationales. Nous possédons tous une composante nationale de notre identité. »

Ainsi des éléments qui constituent la culture pour les anthropologues, relevant des dimensions de la vie quotidienne, de l’ensemble des modes de vies : le rapport à la cuisine, le rapport au temps, les formes de rites de passage (mariage, annonce des naissances qui varient d’une culture à l’autre…)… La culture anthropologique coexiste avec une « culture savante » : nous partageons une même langue. « Au-delà d’un même instrument de communication, c’est une façon commune de concevoir le monde, d’organiser et de présenter ses idées, d’utiliser certains concepts. La langue est un moyen de se référer à une tradition savante commune et, en quelque sorte, un mode de pensée particulier » (Source : Dominique Schnapper, « La nation, hasard ou nécessité ? », in Sciences Humaines, hors série n°15, décembre 1996-janvier 1997, pp. 38-41).

Martine Fournier souligne que l’appartenance nationale « consiste à inscrire dans le présent l’histoire dont on a hérité. L’identité n’est pas immuable, elle se crée, elle évolue et, plus encore, elle se nourrit du passé. Nous ne savons pas exactement qui nous sommes, mais nous en avons une idée à partir de laquelle nous construisons notre identité ». (Source : Sciences Humaines, hors série n°15, décembre 1996-janvier 1997, p. 41) Mais qu’est devenu l’apport de l’autre ? Ce souhait qu’évoque le Ministre.

L’identité, telle que je peux la percevoir dans ce qui vient d’être posé, relève d’un sens restreint, tourné vers l’intérieur. Or plus encore que tout ce qui vient d’être dit, l’identité française « s’est constituée par un multiséculaire processus de francisation, c’est-à-dire d’intégration de peuples et d’ethnies extrêmement diverses », comme le rappelait Edgar Morin en 2002, et « dans ce processus, la Révolution française a apporté à la fraternisation un fondement volontariste et spirituel. La France, sans cesser de demeurer un être terrestre, devient un esprit commun dès que les représentants de toutes les provinces déclarent solennellement leur volonté d’être français, lors de la fête de la Fédération du 14 juillet 1790; de plus, la Déclaration des droits de l’homme introduit l’idée d’universalité dans le code génétique singulier de l’identité française. Ce qui signifie que le ressourcement français, quand il est pris dans cette logique historique, n’est pas un processus de rejet et de fermeture. Le XX siècle a vu la francisation se poursuivre dans le cadre intégrateur de la III République, à partir d’immigrants venus des pays voisins. La République institue alors les lois de naturalisation qui permettent aux enfants d’étrangers nés en France de devenir automatiquement français et facilitent la naturalisation des parents. L’instauration, à la même époque, de l’école primaire laïque, gratuite et obligatoire permet d’accompagner l’intégration juridique par une intégration de l’esprit et de l’âme. » (Source : Le Monde, 3 mai 2002, sur les élections et la lepénisation qui, affirmant la préférence nationale, « constitue une rupture avec les principes de la République et l’universalisme français. »)

Qu’enseigne-t-on aujourd’hui de l’autre (l’Autre) à l’école, usine à citoyen modèle, sous le contrôle étroit d’un Etat laïque (encore que… morale civique, morale religieuse… la France a du mal à se départir de cette séparation de l’Eglise et de l’Etat, en témoignent encore les récentes allocutions présidentielles. Pourtant, il suffirait de souligner, et ce n’est plus à démontrer, combien l’influence de la religion sur l’identité nationale a été réelle et a évolué. « Longtemps, dit René Rémond, on n’était français que si l’on était catholique. Puis une rupture est intervenue, à la Révolution. Certaines valeurs du christianisme, comme la personne, la liberté, l’ouverture sur le monde, sont restées au cœur de l’identité nationale, mais sous une forme sécularisée. Et aujourd’hui, le pluralisme et l’acceptation de la liberté religieuse font partie intégrante du corps de doctrine de l’identité nationale » (Source : Marie-Françoise MASSON, Denis PEIRON, « Comment se construit l’identité nationale », in La Croix, 14 mars 2007, http://www.la-croix.com)

Mais quelle ouverture sur le monde offre-t-on ? L’identité nationale, quand elle se cantonne à ses symboles (Marseillaise à tue-tête), quand elle se nourrit du rabâchage étatique des grands épisodes de l’Histoire****, des grands Hommes, dont la pensée est trahie ou asservie chaque discours davantage (Jaurès en tête), n’offre point d’appui au citoyen ordinaire confronté à l’autre, celui qui ne l’est pas ou souhaite le devenir, celui qui aime la France ou ne l’aime pas. Ce n’est que dans la confrontation permanente des différences que s’élabore infiniment notre identité.

A bon entendeur !

BaRT – février et novembre 2009

* néologisme

** Gaston Kelman, est né au Cameroun il y a 50 ans. Titulaire d’une licence bilingue de l’université de Yaoundé, il a continué une partie de ses études en Grande-Bretagne, puis en France en obtenant un 3e cycle d’urbanisme. Il a exercé pendant 10 ans des fonctions de directeur de l’Observatoire du Syndicat d’Agglomération Nouvelle de la ville d’Evry. Il est aujourd’hui consultant au sein d’une association qui milite pour l’intégration des migrants noirs. Je suis noir et je n’aime pas le manioc, Paris, Max Milo, 2004, 10-18 2005, Au-delà du noir et du blanc, Paris, Max Milo, 2005, 10-18 2007, Parlons enfants de la patrie, Paris, Max Milo, 2007 (http://www.maxmilo.com)

*** La racine commune renvoie au Père, mot issu du latin pater, patris « père », « fondateur », « vieillard », puis « Dieu » en latin chrétien […], terme de respect […], et désignant le père chef de la famille et représentant de la lignée […], le père protecteur, le garant du patrimoine, le patron… plus loin le compatriote, le patriote qui défend l’héritage de la patrie…

**** sur les usages de l’histoire par Nicolas Sarkozy, je renvois au Comité de vigilance sur les usages de l’histoire, « L’histoire par Nicolas Sarkozy. Le rêve passéiste », in Vacarme, n° 40, 2007 (http://www.vacarme.eu.org/article1339.html)

Suicidez-vous, le peuple est mort…

Posted in BiLLeT d'HuMeuR, CoMBaTTaNT[e]S, RéSiSTaNCe[S], SoCiéTé on 21 octobre 2009 by BaRT

Le suicide est une mode

Propos à peine détournés d’un dirigeant “assassin”

 

Faut-il sacrifier à toute mode ?

Anonyme

 

Nous voilà au temps où les hommes, définitivement (?) mus par les avatars médiocres d’idéologies défuntes, se sont habitués sans difficulté à avoir peur de tout. Peur des autres, peur d’eux-mêmes, peur d’être heureux, peur d’aimer, peur d’agir. Un temps où ceux qui osent encore l’engagement politique, ne l’osent plus que pour les bonnes raisons qui guident leur intérêt(s) personnel(s), exclusivement. Elus aux mensonges (je serai l’homme du changement pour tous, je serai l’homme du pouvoir d’achat et du plein emploi, etc.), ils sont encore aidés par la peur qui met la grande majorité du peuple en souffrance, tout à sa misère. Car la défense des intérêts des uns (politiques et partenaires complices, banques, assurances, grandes entreprises, instituts de sondages, medef…) condamnent irrémédiablement les autres à la misère. Cette immense misère du monde à laquelle il conviendrait que nul ne s’avise d’y ajouter encore. Ils sont pourtant nombreux à s’y acharner, sourds, et pour cause, aux appels au secours de cette humanité au désespoir, bientôt perdue. Coupables donc, de crime contre l’humanité.

Aujourd’hui, nos politiques bien entourés des patrons insolents assis sur leurs bénéfices malvenus, bien tenus, affirment à demi-mot, parfois plus distinctement, qu’il faut que les pauvres aient honte, que les migrants clandestins aient honte, que les chômeurs aient honte… et tout cela sans scrupule, sans mauvaise conscience. Le peuple se fait voler, le peuple acquièsce. Le peuple a peur. Et les médiocres dirigeants de tous bords continuent leur sabordage de l’humanité, alourdissent cette atmosphère déjà irrespirable en cultivant la misère du monde. Ils tuent, impunément.

La mort, cette nouvelle affaire de statistiques (rappelez-moi le nombre de suicide chez France Télécom…). Une abstraction subtile, la mort. Réduite en chiffre, ça donne une idée de la vie qu’on mène. Raison imbécile du chiffre : suicides, migrants clandestins, délinquants, chômeurs, absentéistes à l’école… Combien pour tout ça ? Voilà les affaires du monde : de la statistique et de l’administration de la statistique. De bien trop courtes vérités, toutes relatives ; des raisons imbéciles qui dominent et détruisent. Stérilisation des délinquants sexuels dîtes-vous. Stérilisation des cerveaux. Du monde.

Les chiffrent assomment. Sont en conflits permanents. Opposés qui se discréditent mutuellement. Se regardent même plus. S’ignorent. Pas de dialogues possibles avec les chiffres, sinon de sourds. Polémique, point barre. Le réfléchi aujourd’hui, c’est un chiffre dans le miroir. Opposé radical. Deux chiffres identiques ? Un complot, une compromission. Point de consensus possible par les chiffres. Dictature de la majorité abstraite, silencieuse. Le chiffre est un monologue ; autour de lui, des ennemis, des chiffres contraires, différents. Le chiffre est réducteur, simplificateur, mystificateur. Le chômeur qui compte, c’est moi. C’est moi, rendu à mon unité, ma singularité, mon identité, ma souffrance… argh… oubliée des chiffres ma souffrance. Le chiffre aveugle, rend sourds les déjà trop muets. Rend muets les déjà trop sourds. Un chiffre ça ne pense pas. Un chiffre ça ne dit rien qu’un chiffre. Dans son dos, on élimine.

La peur. La peur du chiffre. La peur par le chiffre. La grippe H1 Haine 1 fera des milliards de morts. Menace. Intimidation. Nos sociétés sont désormais quasiment exclusivement fondées sur la peur. Tous fichés, anonymes de bases de données. Déracinés, numérisés, rendus à nos vies dérisoires, chiffrées. Insignifiance généralisée ou simple restriction du domaine de signifiance… Nous sommes tous conduits dans la peur des autres, des événements, des imprévus prévisibles qui pourraient arriver, confinés au profond de nos angoisses. On ne parle que de guerres, de terrorisme, de famine, d’épidémies, de délinquance, de procès, de clandestins… ON TUE TOUTE PERSONNE. LA RAISON DERAISONNE A LA MESURE DU REFOULEMENT DE L’HUMANISME. Moralisme de misère. Grand-messe du “vingt heurts”. PEUR.

L’efficacité tout entière, asservie à la peur. On ne négocie plus avec les contradictions, on efface toutes différences, on les nie. Sinon on les discrédite, on discrimine. Illégitimité. Ressort de la peur. Peur de n’être plus/pas légitime.

La contestation de cette idéologie de la peur ne peut passer que par l’effort de compréhension contre l’enferment chiffré. A défaut, on poursuit l’entreprise de négation de l’autre. Etat policé, sécurisé, policier, sécuritaire. Totalitaire. Exécuteur de basses oeuvres. Fabriquant de misères : expulsions, emprisonnement, exclusion…

ETRE DU COMBAT. DE CE FESTIN DE SALAUDS, SIGNER L’EPITAPHE.

Un jour viendra où tous le reconnaîtront, et, respectueux de nos différences, les plus valables d’entre nous cesseront alors de se déchirer comme ils le font. Ils reconnaîtront que leur vocation la plus profonde est de défendre jusqu’au bout le droit de leurs adversaires à n’être pas de leur avis. Ils proclameront, selon leur état, qu’il vaut mieux se tromper sans assassiner personne et en laissant parler les autres que d’avoir raison au milieu du silence et des charniers.

Albert Camus

A bon entendeur !

BaRT – 20/21 octobre 2009

Bulletin « désinformation »

Posted in BiLLeT d'HuMeuR on 18 octobre 2009 by BaRT

France – Chômage : prétention de petite salariée

« On a profité d’un contexte économique difficile pour nous mettre le couteau sous la gorge. Je travaille déjà le samedi toute la journée. J’ai refusé de travailler aussi le dimanche parce que c’est le seul jour où je peux voir mon fils de 16 ans, qui est en sport études. Donc, en fait, il fallait choisir entre mon travail et ma famille. Nous sommes trois caissières en tout à avoir été licenciées pour refus du travail dominical. »

Etelvina, caissière

Chacun appréciera dans ces quelques lignes l’expression de la propension d’une petite salariée à vouloir s’élever au-dessus de sa condition. C’est malheureusement ainsi que l’on retombe toujours plus bas. Pas de pitié pour le gueux.

France toujours – Rappel : le commerce et la liberté d’esclavage

« Est-ce qu’il est normal que le dimanche, quand Mme Obama veut avec ses filles visiter les magasins parisiens, je dois passer un coup de téléphone pour les faire ouvrir ? »

Nicolas, Président de République

Après, faut plus s’étonner qu’il y ait des chômeurs et des pauvres en France. C’est parce qu’ils le veulent bien. Le chômeur est le principal responsable de son chômage, comme le pauvre est responsable de sa pauvreté.

France encore – Jean « Sans Terre »

« Mon ambition est de les convaincre de la pertinence de ma vision pour La Défense. »

Jean « Sans Terre », fils de …

Il l’aura déclaré péremptoirement, le petit seigneur. Il lui manquait les terres, c’est chose faite. Et « ce n’est pas trop tôt », pourra clamer en chœur la droite au garde-à-vous pour défendre la légitimité d’avoir 23 ans en ce pays. Pour le reste, c’est un peu tôt.

International – Trop tôt pour la Paix

Obama fraîchement nobélisé. Trop tôt diront certains, qui plus est pour le « chef d’Etat d’un pays qui a une guerre à terminer ».

Au fait, elle dure depuis quand la guerre d’Afghanistan ?

2001… On a le temps, hein…

Tourisme – Kouchner joue à « qui perd gagne »

En écoutant Kouchner ce matin, on finirait par se demander s’il s’agit bien d’une guerre, ces événements d’Afghanistan. En fait, il apparaît que ce n’est pas tant une guerre… qu’un jeu. Un jeu dans lequel il s’agit de « gagner la paix ». Si c’est Kouchner qui le dit…

Et le prix au vainqueur, c’est le Nobel ?

Argh… Trop tard, Bernard.

France enfin – Elections – Une affaire de poids

Ce dimanche dans les Yvelines on joue aussi à la politique de proximité. Combat de choc entre Douillet (UMP) et Bernard (PS). On retiendra que ce qui pourrait faire basculer l’élection, c’est l’affaire « Epad – Jean Sarkozy » qui, fragilisant le candidat « ex-judoka » UMP, pourrait du coup profiter au candidat « député durable » de la gauche socialiste. Eh oui, la politique désormais se fait sur le poids des affaires. Démocratie de la balance.

Sans voix

Posted in BiLLeT d'HuMeuR, CoMBaTTaNT[e]S, PHoTo, RéSiSTaNCe[S], SoCiéTé on 14 octobre 2009 by BaRT

mort à la démocratie

L’enjeu que soulèvent les différentes « affaires » qui occupent le dessus de la marre ces derniers temps (la sexualité débridées de Frédéric Mitterrand, la nomination de prince Jean Sarkozy à l’EPAD, la grippe A et son vaccin, la légalisation du cannabis, le salaire des élèves contre l’absentéisme, les reconduites pleine d’amour à la frontière et les mensonges répétés des uns et des autres sur ces différents sujets, etc.), n’est pas tant de les résoudre une à une (ce qui se fera, ou ne se fera pas) mais bien de trouver le moyen de faire tomber un système qui en autorise l’émergence continuelle contre la réflexion et l’action sur les véritables questions de société (exclusion, expulsion, handicap, stress, précarisation, etc.).

Les comportements du Président et des gouvernants de ce pays interrogent le modèle politique dans lequel la France a depuis longtemps choisi de s’inscrire : la démocratie.

les voix dans la voix

Dans ce système politique, chacun devrait pouvoir, au-delà de l’inscription hiérarchique socio-économique, faire entendre sa voix au chapitre contre (voire avec, j’y reviendrai) ceux qui gouvernent, détiennent le pouvoir, exercent tout contrôle social ; chacun devrait pouvoir protester contre les torts qu’il subit et dont il souffre, et cette protestation devrait être entendue et reconnue d’égale valeur à celle des dominants d’où qu’ils soient. En cela, le système démocratique reconnaît même que chacune des voix soit, d’une certaine manière, la voix de tous, de tout un peuple contre les dirigeants aveugles et sourds aux problèmes, inquiétudes, angoisses qui le taraude.

Plus encore, lorsque plusieurs d’entre nous, les sans voix, sans part, s’emparent d’une plume pour protester contre les agissements d’un Président monarque et de sa suite, rétablissant l’ordre des privilèges hors tout respect des paroles données ou bien des principes républicains (et encore le font-ils totalement impunément), ce n’est pas tant pour exprimer une jalousie devant le sort réservé à l’un plus qu’à un autre, qu’il soit fils, neveu ou ami d’un puissant, en comparaison de sa propre condition, de sa souffrance éventuelle, mais bien parce qu’il convient que chacun soit entendu et reconnu comme partenaire des négociations qui engagent le peuple français ; partenaire, ce mot largement dévoyé impliquant un même pied d’égalité entre les parties.

Aujourd’hui, force est de constater que les français d’en bas ne sont pas partenaires des français d’en haut qui président aux destinées du pays. Si les uns, tout en haut, prennent leur pied, les autres, tout en bas, en sont exclus et maintenus fermement par un ordre sécuritaire, policier, ordre social établi et maintenu coûte que coûte.

Il n’est pas de démocratie possible ainsi. Et point d’avenir.

A bon entendeur !

BaRT – 14 octobre 2009

L’amalgame [re]fait ses gammes

Posted in CoMBaTTaNT[e]S, PHoTo, RéSiSTaNCe[S], SoCiéTé avec des tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 11 octobre 2009 by BaRT

Si rien n’est plus raffiné que la technique de la propagande moderne, rien n’est plus grossier que le contenu de ses assertions, qui révèlent un mépris absolu et total de la vérité. Et même de la simple vraisemblance. Mépris qui n’est égalé que par celui – qu’il implique – des facultés mentales de ceux à qui elle s’adresse

Alexandre Koyré, Réflexions sur le mensonge

protection obligatoire de la tête

Nous sommes abreuvés d’équations mensongères et sinistres – jeune de banlieue = délinquant ; homosexuel = pédophile ; musulman = terroriste ; lutte contre le terrorisme = pacification – qui définissent nos boucs émissaires. La haine s’y greffe avec le succès que l’on sait.

Car en écrivant « musulman = terrorisme », on va bien au-delà d’une simple juxtaposition de termes, on en impose la vérité, on en fait un commencement de preuve, on définit une situation pour emporter l’adhésion. Entendez donc : vous voyez bien que l’islam est dangereux puisque certains terroristes le pratiquent ; et réciproquement, vous voyez bien que cette religion est dangereuse car elle ne condamne pas franchement le terrorisme. Donc elle l’encourage. CQFD

Nous voilà au temps des mensonges superstitieux – voile = intégrisme islamique = terrorisme = danger pour la démocratie, etc. – qui nous condamnent à l’application toujours plus large du principe de précaution et de la tolérance zéro. Car il s’agit bien de voir dans une religion le danger pour la démocratie, sa capacité à se relier à tous les vices, à toutes les formes de déni de la démocratie, de la laïcité, etc. L’islam peut alors être accusé de tous les maux.

Devant ce qui devient un fléau dans la bouche des politiques et journalistes à leur botte – la multiplication des voiles – les citoyens devraient refuser d’avaler tant d’amalgames et tenter de comprendre que les risques encourus par la démocratie tiennent davantage à ces amalgames qui entraînent toutes sortes de discriminations, aggravant ainsi les problèmes, plutôt qu’au simple port du voile qui n’a, visiblement pas, le monopole des œillères.

A bon entendeur !

BaRT – 11 octobre 2009

Nouvelles servitudes de la haine et du mensonge

Posted in BiLLeT d'HuMeuR, CoMBaTTaNT[e]S, JouRNaLiSMe, RéSiSTaNCe[S], SoCiéTé avec des tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 10 octobre 2009 by BaRT

« La vérité – et la justice – exige le calme, et pourtant n’appartient qu’aux violents. »

Georges Bataille

« L’essentiel, en somme, est de pouvoir se fâcher sans que l’autre ait le droit de répondre. »

Albert Camus

la haine rend con

A défaut du maître on s’acharne sur le neveu, traître passé à l’ennemi. On s’accorde à la haine dans ce pays. Ne faut-il voir dans les attaques que subit Frédéric Mitterrand aujourd’hui qu’une défense des droits de l’homme, qu’une défense d’une morale qu’il aurait bafouée ? J’y vois aussi l’expression d’un sentiment violent qui pousse une armée de journalistes et citoyens etc. en mal de sensationnel à vouloir le mal d’un seul et même à s’en réjouir presque en le voyant trébucher dans sa défense. En un mot, je vois de la HAINE. J’y vois le sacrifice d’un homme sur l’autel d’une morale fallacieuse, d’un moralisme dégagé de toute éthique.

Et cette haine est un nouveau mensonge. Elle s’applique en effet à taire à la fois les motifs qui l’anime. Plus grave, elle s’applique à nier toute une part de l’homme qu’elle sacrifie. Elle ne dit que l’aversion que l’on peut éprouver devant des faits qui devraient encore être prouvés. Elle est un mensonge car elle se contente d’un acharnement sur la base de quelques idées. Les journalistes veillent bien, dans l’ensemble, à ne pas laisser la moindre parcelle d’expression à ce qui pourtant est essentiel dans nos affaires terrestres, cette compassion qui voudrait que chacun puisse éprouver un instant au moins le sentiment humain (trop humain ?) qui porte à plaindre et partager la souffrance de celui-là qu’on voudrait voir démissionner ici, mourir symboliquement, tomber à terre, sinon mourir, là, sur le champ. Mitterrand a menti. Mais il a menti sans haine. Il a menti pour se défendre ; et  personne ne saurait juger de sa conscience et estimer aussi fermement et définitivement qu’il est détestable en entier pour un seul acte. Ceux qui l’attaquent sans faille aujourd’hui expriment davantage la haine. Ils mentent profondément et en conscience pour le détruire, exprimant là, au-delà, leur détestation de l’espèce humaine, leur peur de ce qu’est l’Homme fondamentalement, intrinsèquement.

Il s’agit bien de haine, car aucun effort de compréhension n’est fait. AUCUN. Les uns attaquent, les autres défendent. Au milieu, bientôt, s’écoulera le sang… d’un seul. Chacun en cette affaire, prenant parti, ne se fait le porte-parole que de la haine, de l’aveuglement. Tous ensemble contre un seul. La meute est lâchée, sanguinaire, tout à son mensonge.

Aucune grandeur ici. Le mensonge est associé à la haine pour assassiner la vérité.

Aucune liberté non plus. Car il n’est pas de liberté possible par le mensonge. Le mensonge asservit celui qui le fait, il asservit celui qui y croit.

Nous sommes au temps de l’injustice. Au temps des tyrans. Et l’intelligence qui devrait gouverner nos révoltes est malheureusement bien muette.

A bon entendeur !

BaRT – 10 octobre 2009

[R]humeur du passé

Posted in BiLLeT d'HuMeuR avec des tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 7 octobre 2009 by BaRT

Stop

entrée interdite

Ce matin, sur BFM et RMC, l’un des courageux hommes politiques de gauche passés à droite en un clic sur leur profil carrière sur viadeo, j’ai nommé Eric Besson, Ministre des expulsions arbitraires et de la négation des droits de l’homme, nous a confirmé, que dans la continuité de l’œuvre profondément humaniste d’Hortefeux et selon le souhait de Nicolas 1er, il y a lieu d’expulser des migrants clandestins résidants en France, « sous réserve qu’un certain nombre de conditions soient remplies, que nous puissions être certains que les personnes soient en sécurité quand elles arrivent » et d’ajouter qu’il faut « la possibilité d’une aide à la réinstallation ».

à quoi ça sert

Ainsi rappelle-t-il le souci de la France d’affirmer sa fermeté  vis-à-vis des passeurs (qui courent toujours, soit dit en passant) en « repassant » ceux qui ont tenté de passer… et dont on ignore, DONT ON NIE le passé, l’histoire. Car, après tout, c’est la condition première de toute intégration à la française que de nier ce que l’on est. Ainsi Besson a-t-il sûrement renié ses origines libanaises et ses dix-sept années passées au Maroc avant d’entrer en France. Son comportement d’aujourd’hui interroge en tout cas l’ampleur de son reniement… Allongez-vous, Eric, et parlez-nous du thé à la menthe à Marrakech…

les leçons de l'histoire

La France, LA FRANCE fortement teintée de xénophobie et de racisme d’Etat, reconduira des migrants clandestins à la frontière. Peu importe qu’ils viennent de pays en guerre où les conditions de sécurité sont plus que dégradées, car tous « ne peuvent pas revendiquer le statut de réfugié politique », à moins qu’ils prouvent que « leur sécurité personnelle est menacée ». Comprenez qu’en tant de guerre, en Afghanistan par exemple, il n’est pas évident pour les salauds assis dans les ministères que tout un chacun soit menacé… Ont-ils oublié ce qu’est la guerre ?… Ont-ils oublié même qu’ils en sont les principaux artisans ?…

point d'interrogation

Et puis de toute façon, rappellent-ils, les autres pays le font, donc la France peut DOIT le faire. Ah !, l’Europe ! L’excuse imparable. Le motif ultime. Oublié 2008 et la décision de la Cour européenne des Droits de l’Homme opposée à Hortefeux qui, déjà, voulait expulser vers la guerre… Pas grave, on recommence.dans un monde

Besson, ce type de gauche passé à droite sans sourciller, celui-là même qui disait en 2007 que Sarkozy, en supprimant ou en restreignant fortement les principaux dispositifs de régularisation, se privait ainsi des outils permettant une régularisation « au fil de l’eau » en évitant les régularisations de masse… Celui-là, oui, qui expliquait qu’ainsi Sarkozy fabriquait des sans-papiers tout en prétendant lutter contre l’immigration clandestine.

un monde plus pur

Celui-là, aujourd’hui, serein dans sa médiocrité et dans ses convictions chiffrées de ministre à la botte, chie sur les droits de l’homme… en toute impunité.

de quoi parelerz-vous

J’en vomis aujourd’hui !

point d'interrogation

BaRT

7 octobre 2009

“Le génisme” gouvernemental

Posted in BiLLeT d'HuMeuR, SoCiéTé avec des tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 3 octobre 2009 by BaRT

« Par application de la stérilisation eugénique, on pourrait évidemment, et en assez peu de temps, raréfier considérablement les tares dominantes auxquelles on déclarerait l’offensive […] »

Jean Rostand, L’Hérédité humaine

1

« Ne doit-on pas enfin décider la mise en oeuvre de la castration chimique pour ce type d’individu ? », interroge le porte-parole de l’UMP Frédéric Lefebvre après le meurtre de la joggeuse de Milly-la-Forêt, dont un homme déjà condamné pour viol a reconnu être l’auteur. Il juge, en effet, nécessaire d’en « tirer les conséquences immédiates en termes de responsabilité et de modification de la loi ».

Idée reçue cinq sur cinq, pensez-vous !, par la ministre de la justice, Michèle Alliot-Marie qui, toutes affaires cessantes se précipite pour affirmer à son tour qu’elle souhaite que la castration chimique puisse « s’appliquer pendant l’incarcération, mais aussi après » et que c’est en ce sens qu’elle fera une  proposition « dans le cadre de la loi qui sera déposée avant fin octobre » au Parlement.

Il s’agirait donc de pouvoir infliger aux délinquants sexuels un traitement médicamenteux en vue d’inhiber leurs pulsions sexuelles, à la fois durant les périodes d’aménagement de leurs peines de détention ou dans le cadre de leurs obligations de suivi.  Il faut encore « que la personne, qui doit être volontaire, n’ait pas ensuite la possibilité d’y renoncer, sauf à retourner en prison », affirme la garde des sots.

Ainsi donc, on inscrirait la castration pour les délinquants sexuels dans la loi, autrement dit, la possibilité de les opérer pour les priver de leur faculté de se reproduire.

Si les pulsions de ces délinquants sexuels représentent un caractère jugé néfaste, ce avec quoi l’on s’accordera volontiers, prôner une telle mesure, par contre, sans aucune considération des taux de récidive relativement faible de ce type de délinquance  (autour d’1,6% selon le Ministère de la Justice ; un cas étant toujours un cas de trop en matière de violence), révèle davantage une perspective eugénique plutôt que de précaution.les enfants (détail)

Et je repense aux propos que tenait le Président à Michel Onfray, dans le cadre d’un échange pour le magasine Philosophie. « J’inclinerais, pour ma part, disait-il alors, à penser qu’on naît pédophile, et c’est d’ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie. Il y a 1200 ou 1300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n’est pas parce que leurs parents s’en sont mal occupés ! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent un cancer, d’autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de l’inné est immense. »

combat en profondeur les imperfections

Plein de ressources et déjà en accord avec Lefebvre, le Président croit, par ailleurs, mais pas sans lien, à la détection des futurs délinquants à travers l’observation des comportements des enfants de moins de trois ans.

Pas sans lien, non. Le Président et sa suite devraient se satisfaire de voir aujourd’hui une possibilité de résoudre ce problème de la délinquance en général et de la délinquance sexuelle en particulier qu’il avait donc affirmé être génétique.

Une telle mesure de castration proposée par un gouvernement de Sarkozy renvoie inévitablement aux visées eugéniques, à la mise en œuvre de méthodes susceptibles, entre autres, d’éliminer les caractères néfastes ou jugés tels d’une partie de la population. Comment dès lors être plus radical, si la délinquance sexuelle est génétique, qu’en empêchant ces délinquants de se reproduire.

il y a quelque chose de dément

« Prenez un cercle, caressez-le, il deviendra vicieux ! »

Eugène Ionesco

A bon entendeur !

BaRT

3 octobre 2009

ps : j’offre ici une solution au problème de la délinquance financière et de l’évasion fiscale : ne vous acharnez pas à identifier des comptes bancaires ici ou là, à traquer les mouvements d’argent à travers le monde, etc., mais empêchez simplement les riches de se reproduire !

il est interdit d’interdire… d’interdire

Posted in BiLLeT d'HuMeuR, PHoTo, SoCiéTé avec des tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 3 octobre 2009 by BaRT

Je reprends ici, avec l’accord de son auteur – Johnnyfrenchman -, le texte  qu’il a  publié sur le blog de Dalyna. Il me semble, en effet, avoir toute sa place en cette niche de combat tout juste émergente.

trop d'interdits nuisent à la liberté

Selon le bon sens qui préside aux actions humaines, tout ce qui n’est pas interdit est permis. Pourtant, c’est un fait, rien n’empêche de goûter à l’interdit, et ce,  malgré la dissuasion fondée notamment sur la peine éventuelle encourue au cas où l’on se ferait prendre la chicha dans le bec, le voile sur la tête ou bien encore, bientôt, le body dans le solarium…

En France, démocratie la plus hautement revendiquée par ceux qui la maltraitent au plus haut point (qui aime bien, châtie bien), en France donc, la mode est à l’interdiction. Nos députés n’ont que ça à foutre, envisager des lois pour interdire :

- Le téléchargement de musiques et de films,

- Le voile et la burqa,

- Le tabac et la chicha,

- La cagoule dans les manif’…

On ne tardera sans doute pas à envisager d’interdire l’usage de bouteille de gaz dans le cadre des revendications salariales et autres négociations dans le cadre des licenciements qui demeurent, eux, largement permis puisque non encore interdits.

jamais la tentation n'a été aussi forte

Et c’est en vertu du principe de précaution que l’on agit en termes d’interdit, principe « selon lequel l’absence de certitudes, compte tenu des connaissances scientifiques et techniques du moment, ne doit pas retarder l’adoption de mesures effectives et proportionnées visant à prévenir un risque de dommages graves et irréversibles à l’environnement, à un coût économiquement acceptable. »

la notion de principe de précaution

Un seul cas suffit dès lors : un patient meurt en ayant absorbé un médicament, le médicament est interdit pour prévenir le risque d’un autre décès ; et peu importe qu’il s’agisse d’un mauvais usage de la part du patient. S’il y a risque, il y a interdit.

Et l’interdit a très vite valeur de cas général. La règle ne souffrira pas d’exception en vertu du principe de tolérance zéro, inséparable du premier.

Ces deux principes, de précaution et de tolérance zéro, sont des principes mortifères. Ils sont la négation de toute action. Démonstration : de jeunes enfants jouent dans une cour d’école. L’un d’eux grimpe dans un arbre situé au centre de la cour à l’aide de l’échelle laissée là par l’agent d’entretien et, malheureusement, tombe lourdement au sol. Dans un premier temps, l’agent responsable est viré et l’échelle retirée, son usage interdit dans la cour tout comme le fait de grimper dans l’arbre, sous peine d’une expulsion de l’école. Quelques temps après, un des élèves de l’école, se fait fort auprès de ses camarades, de rééditer l’exploit de grimper dans l’arbre sans l’aide d’aucune échelle (on  ne saura trop réaffirmer ici l’importance de braver les interdits dans la construction identitaire des enfants et adolescents). Ce qu’il parvient à faire avant que de s’écraser à son tour lourdement sur le sol. Plutôt que d’essayer de prévenir une autre tentative d’escalade par des mesures préventives éducatives, les responsables décident cette fois-ci d’abattre l’arbre qui représente un tel risque (deux enfants blessés suffisent à justifier des mesures plus drastiques au moindre coût : pas de prévention éducative donc, ce qui prendrait du temps, mobiliserait les enseignants, coûterait sans doute plus cher que l’abattage de l’arbre d’une efficience radicale.)

Pourtant, peu de temps après l’abattage de l’arbre, les enfants, sans plus de possibilité d’escalade, trouvent à jouer et se blesser autrement. En courant sur l’emplacement vide laissé par l’arbre abattu et la terre meuble qui s’y trouve, un élève se foule la cheville. En roulant par terre, ils s’écorchent les genoux sur les cailloux de la cour. La sanction est immédiate : nettoyage de la cour et remplacement du bitume et des cailloux par une surface amortissante (telle qu’on en trouve d’ailleurs de plus en plus dans les squares parisiens… ces mêmes squares où ont été plantés des arbustes, dont le nom m’échappent, mais dont les feuilles séchées sont un poison pour l’homme).

les précautions à prendre

Je m’abstiens de vous raconter la suite de l’histoire, simplement je vous livre les étapes des interdictions  suivantes :

- Interdiction de jouer, courir dans la cour

- Interdiction d’aller dans la cour et suppression de ladite cour

- Interdiction de sortir de la salle de classe

- Interdiction d’aller à l’école et suppression de l’école !

En poursuivant, de manière absurde ce raisonnement, on en arrive assez rapidement à la conclusion que pour prévenir le risque de mort, il vaut mieux mourir avant de naître. On ne devrait tolérer aucune naissance plutôt que de vouloir interdire la mort.

L’imprudence tue !

et alors

Johnnyfrenchman - 30 juillet 2009

C’est aussi bien dit que si je l’avais dit moi-même…

A bon entendeur !

BaRT & Johnnyfrenchman

Le salaire de l’élève…

Posted in BiLLeT d'HuMeuR, PHoTo, SoCiéTé avec des tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 2 octobre 2009 by BaRT

Malgré tous les beaux discours, l’objectif de la plupart des écoles, y compris les universités, est le conditionnement social plutôt que le développement de l’individu.

René Dubos

014 - personne ne sait comment

Nous y sommes, les élèves seront donc désormais intéressés (au sens financier) à leur parcours scolaire, du moins à leur présence sur le chemin de l’école et dans l’école ; ou comment rétribuer la présence en classe pour tenter d’endiguer les méfaits supposés de l’absentéisme par la mise en place d’une prime à l’assiduité.

On espère ainsi réduire l’absentéisme, voire disparaître ces élèves qui sèchent les cours de manière régulière et volontaire parce qu’ils considèrent le fait de fréquenter l’école comme optionnel (Source : Aujourd’hui/Le Parisien, « Le mot du jour : Absentéisme ») et qui s’absentent donc au moins deux jours par mois sans justification.

Et comme « en Angleterre, ça marche ! » – faut dire, les anglais, précurseurs en pédagogie, ont déjà carrément salarié les élèves « issus de familles pauvres », qui touchent donc jusqu’à 30£ par semaine pour suivre les cours, et touchent même des « bonus » lorsqu’ils atteignent les objectifs fixés par le corps enseignant. L’assiduité y est encore récompensée par différents cadeaux, du genre téléphone portable, rapporte Julien Laurens dans Le Parisien (2 octobre).

101 - ose tout

La France, elle – encore timide ? -, souhaite se contenter, pour l’instant, d’une cagnotte de 10 000 € maximum pour les classes dont les élèves feront la preuve de leur assiduité.

Pas d’intéressement individuel donc, pas de salaire encore, juste un contrat d’objectifs basé sur l’assiduité.

On sent venir la dérive : moyennant présence passive en classe, tu peux encaisser à la fin de l’année. Car la France ne lie pas cet intéressement financier aux résultats des élèves mais bien à la seule assiduité, comme s’il suffisait d’être présent en classe pour apprendre et échapper à l’échec scolaire !

Jean-Michel Blanquer, recteur de l’académie de Créteil, défend cette initiative et affirme que cette « expérience est aux antipodes de l’individualisme consumériste ! », car « elle est à la fois collective et responsabilisante ». Lumineux ! Et il ajoute que « c’est la présence de tous qui contribue au succès de tous » – ça ne vous rappelle pas un slogan présidentiel ça ?… Ensemble tout devient possible…

Philippe Meirieu, quant à lui, professeur en sciences de l’éducation, s’oppose nettement à un tel système qui lui paraît être une « facilité » qui pourrait avoir des « effets de groupe, de règlements de comptes. » On imagine très bien, en effet, un gamin tabassé par ses camarades parce que, du fait de son absence, la classe n’a pas atteint ses objectifs et donc n’a pas touché le gros lot…Et il n’y a pas loin alors avant que certains envisagent de veiller davantage à la présence de leurs camarades aux velléités absentéistes, plutôt qu’à leur apprentissage… et pourquoi pas les menotter à leur table de travail ?

092 - toujours nous irons plus loin, sans avancer jamais

Dès lors, soumis aux cadences infernales de la présence en classe et à l’intéressement financier collectif, il est à craindre que les élèves les plus fragiles ne sautent du train en marche plus violemment.

On voit aujourd’hui les effets d’une crise de sens dans l’entreprise. Faudrait voir à pas reproduire le modèle sur la relève.

sens du travail (texte)

Au fait, est-ce que quelqu’un a pensé à tenter de redonner du sens à l’apprentissage scolaire ?

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BaRT

2 octobre 2009